Le viol au service du plaisir ?
Les Editions du Seuil ont publié en février 2007, un livre de Michel Dubec : Le plaisir de tuer. Dans ses écrits (retranscrits par la journaliste Chantal de Rudder -rédactrice en chef au Nouvel Observateur), Michel Dubec nous livre une justification du viol en règle, sous couvert d’arguments liés à la nature de la sexualité masculine. Il explique “l’intérêt à obtenir la défaveur de sa partenaire” en nous parlant d’une réalité crue et tue, et pourtant tellement concréte pour tant de filles et de femmes aujourd’hui.
Quelques extraits, au sujet de ses entretiens avec le violeur et tueur en série, Guy Georges :
“Sans que je lui en parle, le tueur de l’Est parisien a peut-être deviné le trouble que j’ai ressenti en regardant les photos de ses victimes. Je les trouvais très attirantes. (…) Une communauté de désir nous rapprochait Guy Georges et moi. (…) parce qu’il existait entre nous un partage des mêmes “objets érotiques”, j’ai pu faire un bout de chemin avec le tueur en série le plus célèbre de l’hexagone (…) Je ne partageais pas la pulsion homicide de Guy Georges, heureusement. Mais je pouvais ressentir ce qui provoquait sa pulsion érotique. Entre nous, je l’avoue, ce goût commun entrebâilla une porte, jusque là verrouillée à double tour, sur un possible échange”. (p.p. 211-212). “Oui, c’était possible de s’identifier à ce violeur qui baise des filles superbes contre leur gré (…) Jusque-là, on peut le comprendre, et même, il nous fait presque rêver, il nous agrippe crûment par nos fantasmes“, ( p 213)
“(…) dans la sexualité masculine, il existe un intérêt à obtenir la défaveur de sa partenaire (…) pas seulement ses faveurs ; à faire crier la femme, peu importe la nature de ses cris. (…) Si un homme est trop respectueux d’une femme, il ne bande pas.”
Michel Dubec est psychiatre et psychanalyste. Il est aussi expert psychiatre national auprès des tribunaux, toujours en exercice. Il consulte également dans son cabinet libéral, à Paris. Le docteur Dubec a expertisé les plus grands. Pêle-mêle : De Carlos à Christine Villemin (mère du petit Grégory) ; de Maxime Brunerie (Membre d’Unité Radicale, tentative d’assassinat sur Jacques Chirac) ; des tueurs en série : Guy Georges ou Patrice Alègre, de Jean-Marc Rouillan (membre d’Action directe), du terroriste islamiste Fouad Ali Salah (Attentat de Tati 1986 entre autres) et encore quelques pédophiles …
Sa fascination pour le sordide ne s’arrête pas là.
De son nom d’origine Dziubek (fils unique de survivants de la shoah), Michel Dubec s’est senti Heureux « Oui, heureux comme un gosse » de pouvoir approcher et pratiquer l’expertise psychiatrique de Paul Touvier -chef de la Milice Lyonnaise, condamné en 1994 pour crimes contre l’humanité. “Destiné à ma fille, ce livre transmet l’histoire de la Shoah à travers ce que j’en ai fait. Fréquenter le crime et les meurtriers rappelle quelque chose de l’ordre du génocide. C’est à partir de ma rencontre avec Paul Touvier que tout s’est coagulé.”
Son cynisme non plus ne s’arrête pas là.
En ce moment, Michel Dubec travaille sur l’expertise de Youssouf Fofana, l’assassin d’Ilan Halimi.
« On pourrait penser qu’on s’accoutume au crime, dit-il. Moi, c’est le contraire. Je suis habité de fantômes, de drames. On ne sort pas impunément de tout ça, sauf si on s’en fout. J’ai aimé ces gens. J’ai bien aimé Rouillan. J’ai aimé être avec Paul Touvier. J’ai fait le tour de ma quête à moi. »
Cet homme est dingue, cet homme est dangereux. Après le scandale des procès d’Outreau, les experts auraient eu droit de la mettre un peu en veilleuse. Eh bah non !
Pour ce qui nous intéresse : Dubec se sert donc de son autorité et de son pouvoir pour rendre publiquement légitime le viol. Entre Dubec et Guy Georges : c’est l’identification massive au violeur et l’excitation sexuelle sadique liée au récit du viol qui est racontée dans ce livre. Le tabou pour l’expert psychiatre, ce n’est pas le viol mais le meurtre. Le “docteur” Dubec défend ainsi une conception patriarcale, perverse et violente de la sexualité, justifiant le tabassage et le viol par la nécessité de réaliser des fantasmes naturels de l’homme. Il interprète les choix et le mode opératoire de Guy Georges comme relevant de la perversité raffinée, Guy Georges ayant bon goût pour les belles femmes. Dubec l’envie même.
Michel Dubec nous dit : Le viol au service du plaisir.
Et nous, nous voyons : La psychanalyse au service du viol !
href=”http://www.redacbox.fr/Blog/index.php?2008/02/27/892-michel-dubec-le-psychiatre-qui-aimerait-bien-violer”>Témoignage-réaction sur ce blog