Les Femmes 1, Wal-Mart 0.

Seule la lutte paie. Seule la solidarité porte ses fruits.

Et ici, la lutte va payer beaucoup car la solidarité a été large, très large. Six femmes portent plainte contre leur employeur, au nom de 2 millions de femmes. L’affaire Wal-Mart -dans le rayon “discrimination contre les femmes”- est en cours depuis 1998. C’est en février 2007, que la certification d’action collective est enfin confirmée : toutes les femmes -employées ou anciennes employées- de l’entreprise Wal-Mart (qui a théorisé la paupérisation de ses salariés pour mieux les garder) peuvent se porter partie civile de la plainte des 6 femmes qui ont lancé le procès. Elles n’ont pas hésité !!

Ce qui est reproché à Wal-Mart ?

Manque de promotion professionnelle, salaires inégaux selon le sexe, restriction d’accès à certains postes pour ses employées… Classique. Les femmes représentent deux tiers des 1,3 millions de salariés de Wal-Mart (premier employeur privé des Etats-Unis) et n’occupent qu’un tiers des postes d’encadrement. Ainsi que les habituelles tactiques de harcèlement moral et pressions sexistes … “Se faire traiter de poupée par le directeur ou être invitée à se faire belle pour obtenir une promotion”…

Wal-Mart est donc accusé de « discrimination contre les femmes », avec le plus grand procès jamais intenté à une entreprise privée !

C’est en 1998 que Betty Duke a porté plainte. Cinq autres plaintes s’ajoutent alors. La procédure américaine d’action collective (class action) permet à toute personne dans la même situation de se porter partie civile. Aujourd’hui ce sont ainsi 1,6 millions de femmes qui ont travaillé pour Wal-mart entre décembre 1998 et 2005 qui appuient la plainte !

Le procès a commencé par la demande de certification d’action collective, déposée en juin 2001 et accordée en juin 2004. Wal-Mart a fait appel et a été débouté en novembre 2005. “Le géant du discount a plaidé que le nombre élevé des plaignantes rendrait le procès ingérable. La Cour d’appel lui a répondu qu’une action collective de 1,6 millions de femmes serait nettement moins chère que 1,6 millions de procès.”


Cette histoire représente la plus grande procédure juridique pour discrimination sexuelle de l’histoire des Etats-Unis.

Suite à une nouvelle loi du gouvernement Bush, le procès s’arrête pendant une année : Wal-Mart conteste de nouveau la certification d’action collective. En février 2007, la class certification du procès Dukes contre Wal-Mart est confirmée. Ce sont maintenant près de deux millions d’employées et d’anciennes employées qui ont reçu le 7 février 2007 l’autorisation de poursuivre collectivement leur entreprise.

L’affaire suit son cours. Cependant, certains États américains seraient apparemment intéressés par une défaite du géant du discount (3 566 supermarchés). En effet la campagne anti-Wal-Mart qui a accompagné l’affaire (appel au boycott…) a mis en lumière l’énorme coût social de la walmartisation.

“On a été jusqu’à inventer le terme de walmartisation pour désigner la paupérisation d’une région suite à l’implantation d’un hypermarché Wal-Mart. En effet, son modèle économique repose sur la pauvreté des travailleurs et des consommateurs. C’est en quelque sorte un « antifordisme ». Ford payait ses ouvrières et ses ouvriers un bon salaire pour qu’ils achètent des voitures Ford. Wal-Mart comprime les salaires au maximum pour garder sa clientèle de working poor (« travailleurs pauvres »).”

NB : Les quatre héritiers de Wal-Mart sont les 7-8-9-10èmes fortunes mondiales.

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