Zara Moussa : rap du Niger.
Dans cet album militant, loin des clichés, ZM s’élève contre toutes les formes d’injustices, celles faites aux femmes ainsi que celles subies par l’Afrique et sa jeunesse.
L’album de ZM s’adresse à un public international, francophone ou non car l’universalité de ses textes réside autant dans les thèmes que dans les langues utilisées : Français, Djerma et Haoussa. Tantôt poétique, tantôt explosif, toujours percutant, Zara impose son style sur un hip-hop aux rythmiques lourdes où se mélangent sons reggae—ragga et mélodie africaines. Parler sans tabous de la violence, du mariage, de l’amour, de la rage qui l’anime, crier haut et fort ce que beaucoup ne peuvent que penser tout bas, c’était l’objectif de ZM et avec cette album, elle l’a atteint. Cette dernière occupe une place à part au Niger, d’abord parce qu’elle est une femme, sans doute l’une des seules rappeuses d’Afrique de l’Ouest. “Etre une fille dans le rap, c’est assez dur”, raconte-t-elle avec le sourire. “Certains garçons ne m’ont pas cru capable de rapper. Ils m’ont déconseillé de continuer ou m’ont proposé de rejoindre leur groupe”. Elle ne les a pas écoutés.
« Dans mes morceaux je parle de la violence légalisée que les femmes subissent, de la honte des femmes violées, du sort de la femme rurale qui n’a pas accès à l’éducation et la connaissance » explique-t-elle.
Zara Moussa : “Ma mère est toujours réticente. Mes paroles la touchent mais elle aurait voulu que je m’exprime par un autre moyen que la musique”. En outre, au Niger, la musique est souvent le domaine réservé des familles de griots et s’immiscer sur leur terrain de prédilection est mal vu par les autres.
