Mais la violence contre les femmes n’est pas un spectacle.
Ricardo Claro :
Tu peux faire cela parce que tu as de l’argent et du pouvoir et parce que ni l’Etat, ni la loi, ni les flics du Chili, ni les juges de la famille, ni le sernam (sorte de maison de la femme gouvernementale), ni le gouvernement, ne protègent les femmes.
Parce que les états et les institutions sont machistes, racistes et classistes comme Megavision.
La chaîne de télévision publique chilienne Megavision a appelé “registre brutal” le viol en direct d’une femme par caméra cachée. La chaîne est dirigée par le très pinochetiste Ricardo Claro. Le voyeurisme des médias n’a pas de limite et la surenchère rapporte. Seule la force collective peut imposer. Ci-dessous le communiqué de Feminista autonomo.
Megavision : Banalise la violence contre les femmes au Chili.
Feminista autonomo,
Mercredi 18 juin 2008, par la « virgen del fracasso »
Communiqué public Feminista Autonomo.
Megavision : Chaîne de télévision brutale et agressive, la chaîne de l’ultra derechista Ricardo Claro exhibe la violence contre les femmes comme si c’était un show.
Cela ne suffit plus aux propriétaires/maitres de la télévision ouverte (équivalent de la télévision publique) chilienne et à ses serviteurs/pions de journalistes reporters, d’avoir créé un marché de l’exploitation-prostitution de millions de femmes qui transforment leur corps, ils font maintenant leur commerce machiste avec des plaies, des coups, des viols en direct.
Cela ne suffit plus aux maîtres de la télévision ouverte chilienne et à ses pions de reporters de s’être transformés en collaborateurs et délateurs du commerce des femmes pauvres de la rue (commerce ambulant), ils veulent maintenant offrir à leur auditoire le sang et la douleur en direct de femmes agressées.
Cela ne suffit plus aux maîtres de la télévision ouverte chilienne et à ses pions de reporters de se vendre pour nier la réalité du peuple Mapuche persécuté, et du mouvement étudiant abusé, ils te mettent maintenant des caméras dans ta propre maison et ils s’assoient pour regarder en direct comment ils te frappent ou te violent.
Registre brutal.
Le jeudi 12 juin 2008, le programme « Aqui en vivo » Ici en direct, a montré comment une femme était abusée sexuellement et frappée par son mari. Ceux qui ont regardé avec horreur ces scènes, ont attendu qu’arrive « un agent de la loi » pour arrêter l’agresseur et cette violence… Mais ils ont attendu en vain. Jamais personne n’est arrivé, la victime est restée couchée au sol, pendant que l’audience/auditoire la voyait se plaindre.
Les brillants créateurs de Megavision ont appelé le chapitre « registre brutal ». Mais là encore, nous ne sommes pas d’accord : ceux qui ont réfléchi ainsi un tel divertissement sont plus que brutaux, ils sont doublement agresseurs, doublement tortionnaires. Ils se sont liés -avant l’émission- avec le Mercurio (journal quotidien de droite) électronique qui le matin du même jour a annoncé, pour s’assurer du succès, le choc que provoquerait la scène en direct. La mega éditrice, Ximena Planella, a dit qu’elle n’avancerait rien, et elle se réjouit en racontant que : « les abus physiques auxquels est soumise cette personne sont réellement brutaux »… Pour terminer, vient s’ajouter l’opinion de l’experte qui justifie l’agresseur et attribue à la femme la même responsabilité que l’agresseur dans les faits.
L’ ignorance et la cruauté de la télévision ouverte a atteind des limites que nous n’aurions pas imaginées. Seuls des psychopathes de la communication pouvaient avoir imaginé un pareil divertissement : observer depuis une camera cachée, « EN DIRECT », comment une femme est battue, sans même essayer de la protéger et ensuite lui offrir en échange « une allocation pour le logement » (le salaire pour pouvoir montrer sa douleur).
La douleur de cette femme ne coûte vraiment pas cher à Megavision, mais il gagne de l’audience et des millions avec ce genre de travail. Pourquoi faire de la télévision pour ne rien dire de profond, pour ne contribuer à aucun changement, pour renforcer les valeurs machistes et justifier la violence contre les femmes. Ce n’est pas travailler, c’est profiter de manière sordide de la douleur humaine, du désespoir des pauvres, en servant de couverture à des grands capitaux et aux collaborateurs de la répression politique contre des mouvements comme celui des Mapuches et comme celui des étudiants. Nous savons qu’il ne requiert pas un grand effort à Megavision pour être le complice de la torture. Nous connaissons bien le curriculum pinochetiste de « El padrino » (le parrain) de ce clan corrompu : Ricardo Claro.
Mais la violence contre les femmes n’est pas un spectacle.
Ricardo Claro :
Tu peux faire cela parce que tu as de l’argent et du pouvoir et parce que ni l’Etat, ni la loi, ni les flics du Chili, ni les juges de la famille, ni le sernam (sorte de maison de la femme gouvernementale), ni le gouvernement, ne protègent les femmes.
Parce que les états et les institutions sont machistes, racistes et classistes comme Megavision.
Ainsi, s il n y a pas de justice pour les femmes, il y a donc dénonciation :
Dénoncons les agresseurs !
Memoria feminista, feministas autónomas, Muralistas, teatristas, Callejeras, Bibliotheque Emma Goldmann, Groupe de theatre comunautaire Pasmi, La Kunetaccion, Feministas sueltas.
17 juin 2008.