
Nous ré-inventerons le monde !
” Une bande de politiciens et de journalistes forment un essaim de guépes autour pour essayer de tirer profit de notre mouvement, pour imposer leur propre rationalité. Ils disent que nous nous rebellons parce que notre gouvernement est corrompu ou parce que nous voulons avoir plus d’argent, plus de travail. Faux.
Si les nous faisons éclater les vitrines des banques c’est parce que nous reconnaissons leur argent comme une cause majeure de notre tristesse, si nous brisons les vitres des magasins ce n’est uniquement parce que la vie est chère, mais parce que la Marchandise nous empêche de vivre, quel qu’en soit le coût. Si nous attaquons la police , ce n’est pas seulement pour venger nos camarades morts mais parce que, entre ce monde et celui que nous désirons, la police sera toujours un obstacle. “

Elles envahirent l’espace public : elles sortirent des maisons par milliers, par millions, elle arrivèrent fières, la tête haute, et se tenant la main … Elles riaient mais même leurs rires pouvaient faire peur tellement elles avaient l’air fortes et décidées … Et plus rien ne fut plus jamais comme avant …
Ce 23 décembre 2008, la demande de remise en liberté d’Isa (arrêtée par les douanes à Vierzon en possession de chlorate de soude, de plans de la prison pour mineurs de Porcheville et de manuels de sabotages, en janvier 2008) a été rejetée.
Depuis son arrestation, Isa a eu l’honneur de “visiter” quatre taules différentes : la maison d’arrêt de femmes de Fleury-Mérogis, celle de Lille-Séquédin, la prison de Rouen (10 jours de mitard pour avoir été classée « meneuse » lors de la lutte racontée ci-dessous) et aujourd’hui la maison d’arrêt de femmes de Versailles.
En janvier 2009, cela fera un an que Isa est en “préventive” …
Longue vie aux insurgées ! Que se multiplient le courage des prisonnières et leurs luttes pour la liberté !
Rencontre Européenne Féministe Autonome Femmes-Lesbiennes
9-14 Avril 2009 · Vienne, Autriche
Pour la nouvelle année 70 femmes-lesbiennes, de différents pays, issues de groupes autonomes féministes et de groupes mixtes, se sont retrouvés à Freiburg, parce que “ici aussi on reste en lutte contre le système patriarcal, capitaliste et raciste” (tiré du tract d’appel). A la fin, c’était clair que le temps était trop court et que toutes étions intéressées pour continuer la rencontre. C’est ce que nous proposons maintenant.
Il y a des mois que j’écoute
Les nuits et les minuits tomber
Et les camions dérober
La grande vitesse à la route
Et grogner l’heureuse dormeuse
Et manger la prison les vers
Printemps étés automnes hivers
Pour moi n’ont aucune berceuse
Car je suis inutile et belle
En ce lit où l’on n’est plus qu’un
Les femmes, féministes, lesbiennes, étaient 50 000 à investir la capitale italienne le 22 novembre 2008 contre la violence masculine. Elles sont venues de toute l’Italie pour remplir les rues de leur présence, leur colère, de leurs slogans et multiples banderoles ! La manifestation était auto-organisée par les “somosse” (émeutières) : un réseau de collectifs, associations, assemblées, individues qui s’était constitué après la manifestation de l’année derniere. Tout au long de l’année elles avaient organisé des actions coordonnées, des rencontres et une marche de nuit à Bologne le 14 juin 2008 en résonnance à celle organisée à Paris. Indecorose e libere (indécentes et libres), les compagnes italiennes sont en mouvement !
Ulrike Meinhof met en avant les contradictions pour les femmes dans leur chemin vers la libération. La lutte est pour les femmes évidemment sur tous les fronts. En fait, nous n’avons pas le choix : notre quotidien est politique.
Traduction :
Chanson composée en 1946 par Abel Meeropol afin de dénoncer les Necktie Party (pendaison) qui avait lieu dans le Sud des Etats Unis et auxquels les blancs assistaient habillés sur leur 31. Cette chanson fut offerte à Billie Holiday.
Cette chanson a été chantée pour la première fois au Café Society, seul club new-yorkais, en 1939, à ne pas pratiquer la ségrégation raciale. Et même là, à une époque où la chanson contestataire était presque inconnue, Billie Holliday craignait les réactions du public :
Nous avons toutes des éclairs de survie, des envie de s’exiler dans un monde où on aurait une place. C’est de ces désirs concrets que nous pouvons faire naître un avenir nouveau. Parler entre nous pour comprendre jusqu’où va notre rôle. Disposer ensemble du pouvoir de tranformer cette condition d’asservies en une envie profonde et collective d’oser traverser le fleuve des illusions. Pour voir ce qu’on pourrait faire dans la riche plaine de l’autre côté, et tout ce que nous voudrions inventer comme nouvelles façons de vivre ensemble. “Voir loin, deviner, imaginer. Commencer à lire dans les conditions particulières de l’oppression de la femme le Nouveau qu’il faut inventer. Ce qu’on invente vient toujours de la forme spécifique d’oppression qu’on a subi. La révolte, l’exigence particulière d’affirmation de soi vient de la façon particulière dont la dignité a été refusée, à une classe, à une couche, à une race, à un sexe opprimé. (…) C’est pourquoi il faut enquêter, saisir les aspirations vivantes concrêtes des masses. Comment tous les jours elles inventent (et pas seulement par leur révolte, en creux, mais de façon embryonnaire et positivement) la vie nouvelle. C’est à dire la signification des luttes des femmes. (…)”