« Les questions de Pina impliquent un travail sur soi permanent qui finit par être déséquilibrant, car on y réfléchit jour et nuit. On se brûle à ses interrogations profondes, et j’aimerais que ce soit plutôt la vie qui m’amène à me les poser. La force de Pina c’est de voir en vous des choses que vous ne soupçonniez pas. Elle a fait de moi un personnage tendre, ce contre quoi je luttais depuis des années. Sous son regard, je me sens belle, je suis moi-même. »
Aysat et Amy savent d’où elles viennent. Positives et combattives, elles savent aussi qu’elles veulent partir. Elles s’agrippent à la culture, et elles rêvent d’une vie meilleure. Sans cracher sur la cité qui les a nourries, elles ne l’enjolivent pas et nous font cadeau de ce message de force et d’espoir. Les filles sont créatives !
AYSAT : Dans ma cité, la tienne, et celle d’à côté
On doit déguiser l’amour en amitié
Taper des missions pour sortir en soirée
Aller aux mariages sans même y être invités (…)
AMY : J’ai pas choisi d’grandir au fin fond d’Choisy
Que veux tu c’est la vie
Qui en a décidé ainsi
On s’agrippe à la culture
Car trop souvent exclus
Delaissés par l’état
Plus rien ne nous blesse plus
Le coeur à froid (Yô)
On n’oublie pas notre chaleur
Imagine toi on a des rêves mais en qui croire de vive voix
Pour Aysat je crie victoire
REFRAIN :
Je n’ai pas choisi le quartier dans lequel j’ai grandi
Alors on pense que mon ciel est gris
Du courage, ici jai tout appris
Je n’ai pas choisi de naitre et grandir à Mantes la jolie
Ma famille, mes amis, ce que je suis, ca vient d’ici
LA NON-MIXITE D’UNE MARCHE DE NUIT CONTRE LES VIOLENCES MASCULINES : POURQUOI, COMMENT ?
La non-mixité : c’est quoi ?
La non-mixité est un mode d’organisation pour l’autonomie des femmes, qui exclut la présence physique et symbolique du patriarcat, c’est à dire les hommes, en tant que catégorie sociale dominante. C’est un moyen de lutte, de création et d’expérimentation. Elle nous permet d’échapper aux effets négatifs de notre socialisation (effacement au profit des hommes, manque de confiance, etc.), au droit de regard permanent que s’octroient les hommes sur les activités des femmes. C’est une stratégie pour une réappropriation collective de nos capacités et une élaboration des armes nécessaires à notre libération. La non-mixité est un choix politique.
Discrètes et effacées, pensant que leur comportement favoriserait leur intégration : nos soeurs ont été bafouées. Les lieux de vie appartiennent à celles et ceux qui y vivent ! Les femmes croient au futur, au monde de demain, où nous toutes aurons notre place : les femmes croient à priori à la bienveillance de leur entourage. Mais la confiance a ses limites, et demain ne se fera pas sans combat. Agressées, frappées, Priscilla et Cynthia sont parties. Nous sommes en 2009, la lesbophobie et le machisme sont bien présents, et les femmes serrent les dents. Jusqu’à quand ? Lesbophobes, petits et gros machos, maris, voisins et frères violents, politiques populistes : Méfiez-vous, les femmes ont bon dos, mais nous sommes patientes et pleines de ressources.
Le rapport annuel 2009 de SOS homophobie constatait déjà une hausse des agressions physiques contre les lesbiennes qui passaient de 6% des témoignages en 2007 à 15% en 2008.
Virginie et Jessica ont résisté mais elles ont fini par déménager ! Halte à la lesbophobie, halte au silence, soyons fortes ensemble, solidarité avec nos soeurs qu’on empêche de vivre en paix, tout simplement. Les hommes peuvent être très violents quand les femmes échappent à leur pouvoir. Cela ne fait que nous rappeler que : “Quand les femmes s’aiment, les hommes ne récoltent pas !” … et ils le savent.
17/06/09 : Dans un communiqué publié hier mardi, l’association Quazar d’Angers souhaite alerter l’opinion publique sur le calvaire vécu par Jessica, 24 ans, et Virginie, 28 ans, habitant à Segré (Maine-et-Loire), et victimes de lesbophobie depuis un an de la part d’un groupe de jeunes âgés de 17 à 21 ans : insultes verbales (…)
Beaucoup de culture faite par les femmes, est riche et splendide -quelque soit le niveau de célébrité- et mérite que nous l’imposions en la divulguant par tous nos réseaux possibles et imaginables. Signifions ainsi à nos filles et à nos soeurs, que nous sommes géniales et qu’il faut continuer à créer !
Le jeudi 11 juin 2009 s’ouvrait devant la Cour d’appel de Marrakech le procès de Zahra Boudkour, plus jeune détenue d’opinion du Maroc, et de dix autres jeunes étudiants. Ce procès a déjà été reporté à plusieurs reprises.
Courageuse Zahra, toi militante communiste, toi qui a subi des violences spécifiques du fait de ta condition de femme, nous pensons à toi et espérons que tu pourras bientôt continuer à lutter en toute liberté, la tête haute et le regard droit. Car nous toutes représentons l’avenir, et nous les femmes, nous saurons exprimer notre colère et notre combativité, nous saurons imposer le respect, par tous les moyens nécessaires.
“Et ce sont ces jeunes contre lesquels le gouvernement El Fassi mobilise tous ces moyens car font trembler leur gouvernance. Pendant les années les plus noires du protéctoral, pendant les années les plus dures du règne de Hassan II, un tel acharnement contre des prisonniers d’opinion et leurs familles était inconcevable… ”