Pardonner n’a jamais guéri personne.
D’ailleurs les violeurs pardonnés ne guérissent pas non plus.
D’ailleurs, les violeurs pardonnés ne guérissent pas plus que les autres.
Les violeurs pardonnés continuent de violer puisque les hommes s’y autorisent eux-mêmes.
Même les violeurs très intelligents ne comprennent pas qu’humilier c’est violer.
Qu’avoir mal, ce n’est pas avoir du plaisir.
Que prendre sa sœur, sa copine, sa voisine pour son esclave sexuelle, ce n’est pas avoir des relations sexuelles.
Que faire subir ses basses pulsions de domination, cela ne pourra jamais s’appeler un échange de plaisir.
Ils ne comprennent pas puisqu’ils ont le “droit” de le faire.
Mais nos corps se souviennent.
Du viol, de l’humiliation, du mépris, des saloperies, de la domination, de leurs désirs à eux qui n’étaient pas les nôtres.
Nos corps ne nous trompent pas.
Si mon corps ressent que j’ai été violée : mon corps dit la vérité.
Oublier n’a jamais guéri personne, mais se souvenir fait mal à chaque fois.
Parler libère.
Parler tue le secret dont le violeur est toujours persuadé qu’il sera bien gardé.
D’ailleurs les violeurs surveillent les secrets.
Ils se rappellent à leurs victimes.
De temps en temps, juste quand il faut.
Pour voir si le silence est toujours roi.
La honte aussi garde le secret des violeurs.
La peur aussi garde le secret des violeurs.
La peur de qui va dire et penser quoi.
La culpabilité garde le secret des violeurs.
Le viol est une arme de destruction massive : le viol est même (à ce qu’il parait) un crime aux yeux de la loi.
Mais la justice relâche les violeurs et ne juge d’ailleurs que les viols “officiels”,
Ceux qui devraient soit disant ne laisser planer aucun doute :
Les viols des inconnus, des violents, des incestueux, mais qui de toute façon : eux aussi restent impunis.
Alors la parole est une arme !
Elle est notre super pouvoir magique.
Quand toutes auront parlé : ils ne pourront plus continuer.
Parler permet de confronter, de se rendre compte qu’on est nombreuses à se taire.
Quand nous saurons toutes,
Nous serons unies.
Et là, ça va faire mal.