juillet 7, 2008
“Les femmes de Stepford”, roman d’angoisse écrit en 1972 par Ira Levin parle de la difficulté d’une femme devant l’abîme sans fin de la prise de conscience. Maintenant elle sait. Et rien ne sera plus jamais comme avant. Comment continuer à subir quand on sait ? Voilà pourquoi les femmes préfèrent ne pas savoir. Une seule solution : trouver des alliées. Quand on commence à savoir, il faut se battre pour survivre. Sinon l’entourage rend la vie impossible. “Je ne suis pas folle” se dit Johanna, l’héroïne du roman.
La transformation des êtres en machines et l’aliénation brute suinte directement de la mère patrie, au coeur de la bête capitaliste, propulsée par la plus haute technologie mise au service de la barbarie patriarcale avec ses rêves morbides de contrôle total sur le corps et l’âme des femmes.
Analyse et résumé du roman, ci-après.
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Publié par Libération des femmes
juillet 1, 2008
Dans les années 70, le mouvement féministe analyse la maternité comme un esclavage des femmes. A l’époque, la majeure partie des militantes n’a pas d’enfant, et l’heure est à la lutte pour l’avortement. La position radicale de libération individuelle est dans le refus pur et simple de la fonction de mère.
Il en faut de l’amour, n’est-ce pas, pour accepter de se transformer en machine à soigner, pour renoncer, pendant les années les plus actives, à toute vie personnelle ?
Si la maternité est un esclavage pour les femmes et si on le leur dit, leur montre et démontre, alors elles peuvent y échapper. Et si elles y échappent alors dans une certaine mesure, elle se libèrent parce qu’elles rompent avec l’un des principaux outils ou des principales armes de leur oppression spécifique.
On dénonce le rôle de la mère comme « la courroie de transmission de l’oppression des femmes ». Seulement, par la suite, dans les années 76-80, c’est un tout autre point de vue qui émerge. La maternité est poétisée, on décrit les relations charnelles, les sensations, les sentiments, la fusion des corps … Le virage est à 180°.
Entre sensiblerie ou rejet individuel de la maternité, la solution est collective. Les femmes ont des enfants, c’est un fait : aidons-nous, réfléchissons ensemblE. La gestion des enfants n’est pas problématique, elle est politique.
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Publié par Libération des femmes
juin 24, 2008
La société ne prend pas en charge -ou très peu- et rejette les personnes handicapées. Les enfants handicapés sont toujours -voire totalement- à charge des parents -et le plus souvent de la mère. Comme les nourrissons, les enfants en bas âge : pour lesquels on suppose que la fusion entre la mère et l’enfant crée un lien particulier, que donc le père ne doit pas trop interférer, ou doit savoir s’effacer un minimum, ou est purement absent. Seulement voilà : c’est dur et c’est un travail à PLEIN temps. Des mères étouffent et voient comme unique solution la disparition du “problème”. Que dit la justice ? Elle comprend. La “mère-tueuse” de sa fille handicapée de 26 ans est un cas d’école. La mère est seule face à la maladie grave et les souffrances de sa fille, la mère est détruite physiquement et moralement, mais au vu de l’opinion publique : elle est courageuse. Finalement : tuez-vous à faire grandir vos enfants, et si c’est trop dur : tuez-les. L’Etat comprendra. Bref, dans ce cas, la société cautionne des pratiques eugénistes et la destruction psychologique des mères. Dans d’autres cas d’infanticides de nourrissons : la société punit ou déclare les mères malades et monstrueuses. Le problème n’est pas juridique : c’est un problème social ! Ses racines sont : la solitude des mères, l’individualisation de l’éducation, la mise au ban des handicapés.
Mères dévouées, mères absentes, infanticides ?
Soyons solidairEs face à l’éducation. Réflexion et organisation collective !
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Publié par Libération des femmes
juin 19, 2008
Le texte qui suit est un chapitre du livre “Prisonnières” (1977) enquête sociale faite par deux femmes elles-mêmes emprisonnées, Catherine Erhel et Catherine Leguay. La mère remplit sa fonction de reproduction de la force de travail : plier les enfants aux impératifs de la société telle qu’elle est. La femme qu’elle est aussi, est opprimée par le patriarcat. La femme-mère reproduit un système -capitaliste et patriarcal- qui l’opprime, la réduit et la nie en tant que personne autonome.
Les femmes peuvent transformer ensemblE le rôle de reproduction qu’on leur a assigné, en une force pour se libérer.
” Dans une famille idéale, telle que la représente l’imagerie publicitaire et idéologique dont nous sommes nourries dès notre enfance, les hommes travaillent, les enfants sont beaux, gentiment turbulents, réussissent à l’école, et la femme est le pilier du bonheur familial.
L’image de la famille idéale, la définition sociale de ce que chacun devrait être et faire, intervient pour occulter les vraies causes de l’oppression des femmes (…) La Famille-Heureuse est un mirage qui, par ses aspects séduisants, exerce une véritable fascination. Une fascination qui se retourne en oppression pour la classe ouvrière, puisque c’est un modèle qui correspond au mode de vie de la bourgeoisie, au mode de domination de la bourgeoisie.
Dans sa vocation d’éducation la mère est essentiellement répressive et conservatrice. Elle mate, elle dresse ; elle canalise l’énergie un peu anarchique des enfants dans des rapports affectifs (…)
La mère porte en écharpe les valeurs qui la nient en tant que femme ; elle les met en pratique et cherche à s’y réaliser. Elle se fait par là même l’instrument de sa propre domination.”
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Publié par Libération des femmes
juin 5, 2008
La déclaration qui suit [extraits en français, totalité en anglais] date de 1977. Le Combahee River Collective a participé à de nombreuses luttes féministes (contre les stérilisations abusives, pour le droit à l’avortement…) mais aussi de libération des Noirs (Civil Rights, Black nationalism, the Black Panthers). Elles ont dégagé une force de réflexion et d’action collective à partir de la prise de conscience des oppressions simultanées : sexisme, race, classe, hétérosexisme.
“En tant que féministes et lesbiennes Noires, nous savons que nous avons une fonction révolutionnaire explicite à assumer, et nous sommes prêtes pour la vie entière de travail et de lutte que nous avons devant nous.”
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Histoire, Réflexions |
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Publié par Libération des femmes
juin 1, 2008
Les hétéros féministes ont plus de mal à admettre la nécessité de la non-mixité, dans la lutte de libération des femmes, que les lesbiennes féministes qui la vivent au quotidien. Les gays peuvent-ils être des alliés objectifs des lesbiennes ? Le système patriarcal produit les violences masculines. Mais les hommes ne sont pas “naturellement” violents. Les lesbiennes ont souvent été invisibilisées, le couple lesbien nié. Elles sont doublement opprimées par le patriarcat : en tant que femmes et en tant que lesbiennes. Cela en fait-il des féministes plus radicales ? Voici un texte qui survole ces différentes questions.
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Publié par Libération des femmes
mai 21, 2008
Les prostituées “indépendantes” -libérales- et les féministes pro-prostitution nous disent que la traite, les macs et les violences, ce sont des clichés qui datent. Elles nous affirment qu’aujourd’hui, la grande majorité des prostituées en France, font ce métier par choix, par envie, et surtout qu’elles ne sont absolument plus des victimes. Certaines ["Les Putes" et "Droits et Prostitution"] en viennent même à défendre leurs clients -leur business- par un douteux “Touche pas à mon client!”. Effectivement, sans client : pas de prostitution. Mais l’inverse est vrai aussi : sans oppression des femmes, sans patriarcat et sans domination masculine : pas de clients potentiels ni de prostitution. Et les chinoises qui arpentent les trottoirs de Paris pour payer leurs dettes, en essayant d’éviter les contrôles de papiers, elles s’y connaissent en oppression. Par contre le choix, l’envie et l’indépendance …
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Actualité-France, Réflexions |
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Publié par Libération des femmes
mai 13, 2008
“(…) la pornographie, la prostitution, les techniques sexologiques, tout comme le tabac, l’alcool et les tranquillisants, jouent le rôle de soupape de sécurité”. Le texte qui suit date de 1975 et tranche avec les positions actuelles mi-figue mi-raisin en vogue dans la mouvance “libertaire”. Il parle de la soi-disant libération sexuelle, du porno, des relations de séduction, du sado-masochisme. Le texte est lourd dans l’écriture, répétitif et psychanalysant. Le patriarcat parait n’être perpétué par personne, les hommes sont “profiteurs du système” bien malgré eux, tous dans le même bâteau : il n’est pas question ici d’oppression spécifique des femmes. Néanmoins, la vision de la “libération sexuelle” par une femme, avec le regard de l’époque, est concrète. L’idée d’échanges -affectifs et physiques- sincères parce que partagés entre deux individus autonomes : Mathilde Niel parle ici de VRAIE libération sexuelle.
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Réflexions, Vie quotidienne |
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Publié par Libération des femmes
avril 28, 2008
“Les militantes se sont efforcées d’accroître le sentiment de responsabilité communautaire vis-à-vis des femmes qui se battent pour élever leurs enfants seules. Pour elles, il ne fait pas de doute que la compréhension de la condition des Noires pauvres passe à la fois par les mouvements de libération noir et féministe. Elles affirment que la réalité du vécu des plus misérables de leurs soeurs doit être placée au coeur de toute analyse visant à établir une organisation politique de masse.” L’auteure du texte reproduit ici est historienne et professeure à la New-York University. Elle a écrit des critiques sur le black nationalism et le black feminism : ses analyses sont basées sur les rapports entre trois oppressions : race, genre et sexualité. On ne reprochera pas à une universitaire d’oublier l’oppression de classe …
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Publié par Libération des femmes
avril 8, 2008
Gary Francione, universitaire, abolitionniste de la cause animale (militant pour la liberté des animaux à vivre pour eux-mêmes), est à Paris pour une conférence ce lundi 14 avril 2008. Dans le texte qui est reproduit ci-dessous, il compare le welfarisme (le réformisme de la libération animale -les welfaristes luttent pour l’amélioration du “bien-être” animal) et le féminisme “post-moderne”. L’organisation de la conférence est très “encadrée” (nom et email demandés) : l’évènement est en plus organisé par des philosophes institutionnels et géré par Florence Burgat -directrice de recherche à l’Institut National de la Recherche Agronomique. Francione n’en est pas moins un incontournable penseur sur le sujet.
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Publié par Libération des femmes
avril 5, 2008
L’OCL (Organisation Communiste Libertaire) publie dans le Courant Alternatif de ce mois d’avril 2008, un article du Collectif Libertaire AntiSexiste de Lyon (le CLAS), intitulé “Liberté sexuelle ou liberté de consommer du sexe ?”. Les positions sont assumées : ce collectif mixte est abolitionniste -et non prohibitionniste, ET pour une véritable liberté sexuelle -et non pour une consommation des corps des femmes. Cet article est publié “suite à l’interview d’une travailleuse du sexe”, paru dans le numéro du Courant Alternatif du mois de mars 2008. On en avait parlé ici, en questionnant l’apparition dans les colonnes de l’OCL d’un article pro-prostitution, défendant des positions économiquement libérales, niant macs -viols -et violences, et surtout l’oppression globale des femmes induite dans la prostitution -qui n’est que le bout de la pointe de l’iceberg qu’est le patriarcat. En somme : les positions logiques de défense du business des prostituées dites indépendantes.
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Actualité-France, Réflexions |
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Publié par Libération des femmes
mars 23, 2008
La pute-pride de ce samedi 22 mars 2008 à Paris-Pigalle, a réuni environ 150 personnes, dont une bonne dose de journalistes. Pas de tract, beaucoup d’hommes (comme à la journée de la femme -ce 8 mars 2008 à Paris), et beaucoup à redire !
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Actualité-France, Réflexions |
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Publié par Libération des femmes
mars 9, 2008
Un site italien “DonnEanimali” (femmes et animaux) dirigent leur lutte vers :
“Les femmes humaines et les animaux non humains : des objets d’oppression, des sujets de libération.”
Certains peuvent penser que les gens qui sont contre la souffrance animale comme mode d’alimentation, sont aussi contre l’avortement : ELLES NON !
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Publié par Libération des femmes
février 21, 2008
“J’ai essayé d’apprendre en quoi ma colère m’est utile, autant que ses limites.”
Audre Lorde, féministe américaine, noire et lesbienne, part du rapport au racisme des féministes blanches, pour expliquer l’intérêt de la colère pour surmonter son oppression mais aussi pour comprendre les autres formes d’oppressions. La colère, comme force pour surpasser la haine que subissent toutes les femmes. Cette haine que la société patriarcale nous renvoie (aux femmes, aux homo, aux noirs, aux pauvres… ) voudrait que l’on s’oppose, nous les femmes : entre femmes blanches et de couleur, entre hétéro et lesbiennes… Audre Lorde nous invite à utiliser nos colères, à ne pas céder à la facilité de se séduire et d’oublier tout ce qui nous oppose entre femmes.
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Publié par Libération des femmes